Hans Ulrich Saas

 

Né  à Winterthur en 1916, HU Saas choisit la vie d’artiste après une maturité classique. Durant les 2 premières années de sa carrière d’artiste, il peint des portraits, des natures mortes et des paysages. A la fin des années 60  ce sont des représentations de figures grotesques par lesquelles il ajoute un  style à l’art de la peinture.

Ce qui à l’époque  a été considéré comme un éloignement radical de la peinture  figurative au profit  d’une expression d’une vérité fantastique intérieure  s’est par la suite imposée comme  le style particulier de HU  Saas : opiniâtre, sans égards pour le commerce  et la mode,  il continua à la fin des années soixante sur le chemin qu’il s’était tracé.

Sa production artistique  dans les 20 dernières années (on parle de 1972) n’était pas très nombreuse, ne pouvait pas l’être car chaque tableau  ne représentait que l’aboutissement d’une réflexion longuement mûrie.  La technique de la peinture est aussi  inhabituelle que le sujet. Presque toutes ces œuvres sont  peintes à la tempera,  sur du papier de riz, qui est monté sur des panneaux de bois aggloméré. Les bords de ces panneaux sont peints en gris, ce qui rend superflu le cadre traditionnel. Cela donne  au tableau un caractère quelque peu cassant,  permet par contre un fignolage  spontané de la forme. Quelques unes des œuvres rappellent les manuscrits de la fin du Moyen Age  ainsi que le monde fantastique des livres, tableaux et sculptures de cette même époque.

Hans Ulrich Saas

Les nouveaux tableaux de Saas contiennent des traits dantesques. Comme chez Dante, les âmes errent à travers la nuit sur le chemin menant à l’enfer. La déconcertante, bouleversante et minutieuse représentation de l’univers réduit en pierres et en cendres, peuplée de figures lémuriennes les plus curieuses,  sont l’expression d’expériences personnelles très douloureuses, desquelles l’artiste  tire des métaphores se rapportant à  lui-même.

Il est difficile de cataloguer ces oeuvres, comme souvent lorsque les œuvres sont issues de problèmes personnels de l’artiste. Sur le plan artistique suisse,  ce style parait être à peu près unique, comparable quelque peu aux œuvres du peintre Max von Moos, décédé en 1979, dont les œuvres ont également trait à une mythologie et à des symboles tous personnels.